Il y a actuellement 97 521 apprentis dans le supérieur en France et le tiers de ces apprentis vit en Ile-de-France. Les politiques de la région francilienne peuvent donc avoir un impact majeur dans le développement de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur. Ainsi le rapport CESER, Conseil Économique, Social et environnemental régional, a soumis à la région des objectifs et des propositions pour favoriser le développement de l'apprentissage.
Depuis la loi du 23 juillet 1987 le nombre d'apprentis dans l'enseignement supérieur n'a cessé de croître, +120% en dix ans. En effet, grâce à celle-ci, les étudiants bénéficient du statut d'apprentis et donc d'une rémunération. Si l'apprentissage est très prisé pour la formation professionnelle et l'expérience supplémentaire qu'il apporte aux étudiants, certains doutent des vrais raisons de ce succès qui seraient plutôt dû aux avantages fiscaux liés. Toutefois, pour l'étudiant, cette revalorisation de l'apprentissage reste un tremplin. Il peut ainsi jouir d'une insertion professionnelle beaucoup plus aisée avec notamment 77% des jeunes diplômés qui se déclarent en emploi sept mois après la fin de leur période d'apprentissage en 2009.
L'Ile de France, une région impliquée dans l'apprentissage
La région Ile-de-France est le lieu propice pour chercher un contrat d'apprentissage, c'est d'ailleurs celle qui emploie le tiers des apprentis du supérieur. C'est avec un objectif de 100 000 jeunes dans les CFA d'ici 2010 que la région s'est employée à soutenir le développement de l'apprentissage en mobilisant d'importants moyens financiers. De cette façon, 293 millions d'euros ont été consacrés à l'apprentissage en 2009 dont 74 millions pour la prime régionale versée aux employeurs. Toutefois, le coût engendré par chaque apprenti est très varié et dépend du niveau d'études de l'étudiant. En effet un apprenti de niveau I ( Master 2, niveau bac+5) a un coût en moyenne 1 fois et demi plus élevé qu'un apprentis de niveau V ( CAP, BEP) mais c'est aussi le coût qui a le plus augmenté ces dernières années. Ainsi malgré les efforts fourni par la région Ile-de-France, on constate un ralentissement de la progression du nombre d'apprentis étudiant dans le supérieur, comme de partout en France.
Les propositions du CESER
Conformément aux intentions de l'État qui s'est fixé l'objectif de 800 000 apprentis en
France contre 500 000 actuellement, le CESER souhaite favoriser l'apprentissage en France. Ainsi, les apprentis de l'enseignement supérieur sont une cible clé car ils expliquent quasiment à eux seuls la progression de l'apprentissage en France. En outre, cette voie démocratise l'accès aux formations supérieures notamment grâce à la prise en charge des frais de scolarité.
Cependant, le budget 2011 voté par la région pourrait mettre en péril cette vocation puisqu'il alloue moins de moyens à l'enseignement supérieur et à leurs apprentis.
Ainsi dans le cadre de l'objectif de ré-industrialisation du territoire, le CESER conseille notamment de soutenir les formations de niveau III ( BTS, DUT) qui subissent actuellement un déséquilibre entre les subventions attribuées et le coût réel de la formation. Cette politique est d'autant plus conseillée que les diplômés de BTS, DUT sont très recherchés par les PME-TPE.
