Apprentissage : une lente féminisation
Selon une étude du ministère de l’Education nationale, l’apprentissage connaît un fort développement qui s’accompagne d’une diversification des profils dans l’enseignement supérieur. A ce phénomène se juxtapose une autre réalité: la progressive féminisation de ce dispositif. L’apprentissage traditionnel, autrefois cantonné presque exclusivement à la sphère masculine, connaît une féminisation de plus en plus marquée qui entraîne une élévation du niveau (apprentissage post-baccalauréat) et une ouverture vers les services.
Ainsi, bien que la majorité des apprentis reste des hommes préparant des diplômes de type CAP-BEP, l’étude du ministère de l’Education nationale met en exergue la tendance à la féminisation de l’apprentissage, chiffres à l’appui. Alors qu’ en 1996 les jeunes filles ne représentent que 28,8 % des apprentis, elles sont à 30,5 % en 2006. Un résultat en constante augmentation.
Un taux de féminisation variable selon les spécialités
Loin d’être homogène, le taux de féminisation de l’apprentissage varie considérablement selon les filières. Au moyen d’une analyse factorielle des correspondances et d’une classification réalisées sur les diplômes préparés et le sexe des apprentis, l’étude du ministère de l’Education nationale a permis de faire ressortir les trois « spécialités » de l’apprentissage actuel :
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Les spécialités dites « traditionnelles » qui, présentes uniquement aux niveaux V (BEP, CAP) et IV (Bac), restent très sexuées. Les garçons travaillant essentiellement dans les secteurs du bâtiment, de l’agriculture, de l’automobile, de l’électricité-électronique et les filles dans ceux de la coiffure et de la santé (90%).
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Les spécialités plus récentes et dans lesquelles les niveaux supérieurs sont prépondérants. La comptabilité, la gestion et les finances étant majoritairement féminines (60 % de filles).
- Les spécialités commerce, vente et accueil-hôtellerie-tourisme, présentes à tous les niveaux d’étude et qui représentent aujourd’hui les seuls domaines où il y ait une parité. Ce sont également les spécialités qui correspondent le plus à une filière complète d’apprentissage et offrent les meilleurs opportunités de poursuites d’études.
Un apprentissage qui s’ouvre sur les services
La corrélation étroite entre sexe de l’apprenti et choix de spécialité conduit inévitablement à une offre de formation limitée pour les filles. A titre d’exemple, dans le secondaire, trois spécialités réunissent deux tiers des filles (coiffure, commerce, accueil-hôtellerie-tourisme) alors qu’il en faut sept pour obtenir la même proportion de garçons. Parallèlement à ce phénomène, la progressive féminisation de l’apprentissage conduit à une ouverture vers d’autres secteurs. Alors que 81 % des garçons se tournent vers la production, 85 % des filles s’investissent dans le domaine des services (gestion, finances etc.) et contribuent par là -même au développement de cette filière. Compte tenu du fait que les spécialités de service se rencontrent principalement dans le supérieur, la part des filles s’élève avec le niveau de formation. Ainsi, si au niveau V (CAP, BEP) un quart des apprentis sont des filles, elles sont près de la moitié au niveau II (licence).
Un niveau d’entrée plus élevé
Les filles ont ainsi un niveau d’entrée plus élevé que celui des garçons . Moins enclines à passer par le préapprentissage (3,5 % des arrivantes en niveau V, contre 9 % pour les garçons) ou à ne pas atteindre la troisième (5,9 % contre 13,2 % pour les garçons), elles se montrent plus présentes dans le supérieur que dans le secondaire. Exception faite dans les domaines du commerce-vente et de la santé.
L’apprentissage, une solution par défaut ?
Au terme de ces successifs constats, l’étude du ministère de l’Education Nationale arrive à la conclusion que l’apprentissage apparaît plus comme une solution « par défaut » pour les filles que comme un choix déterminé de poursuite d’une filière. Ce dispositif représentant, pour elles, un support leur permettant de se maintenir dans le système scolaire (surtout dans la voie générale et technologique), quitte à être obligées de se réorienter de nombreuses fois.
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